02/10/2026

Windows 10 : fin des mises à jour de sécurité le 13 octobre 2026, ce que doit faire une PME

Le sursis accordé aux PC Windows 10 « grand public » s'arrête le 13 octobre 2026. Dans beaucoup de TPE et PME, une partie du parc est concernée sans le savoir. Inventaire, options et coûts : ce qu'il faut décider maintenant.

Le support de Windows 10 s'est officiellement terminé le 14 octobre 2025. Depuis, beaucoup de petites structures ont gagné un an grâce au programme de mises à jour de sécurité étendues (ESU) proposé aux particuliers. Ce sursis prend fin le 13 octobre 2026 : à partir de cette date, un PC Windows 10 inscrit au programme « grand public » ne reçoit plus aucun correctif de sécurité.

Le problème, c'est que dans une TPE ou une PME, une partie du parc est souvent faite de PC achetés en magasin, configurés avec un compte Microsoft personnel… et donc inscrits à ce programme grand public sans que personne ne l'ait vraiment décidé.

Ce qui change concrètement le 13 octobre

  • Le poste continue de démarrer et de fonctionner normalement : rien ne prévient l'utilisateur.
  • Mais chaque faille découverte après cette date reste ouverte pour toujours sur ce poste.
  • Un seul poste vulnérable suffit : c'est souvent par lui que commence une attaque, avant de se propager au reste du réseau et aux partages de fichiers.

Les petites structures sont les premières visées : selon le baromètre France Num 2026, 39 % des TPE et PME déclarent avoir subi au moins un incident de cybersécurité dans l'année, et l'ANSSI indique dans son panorama de la cybermenace publié en mars 2026 que 48 % des victimes de rançongiciel sont des TPE, PME ou ETI.

Étape 1 : savoir quels postes sont concernés

Avant de décider quoi que ce soit, il faut un inventaire poste par poste. Pour chaque PC, trois informations suffisent :

  1. La version de Windows : appuyez sur la touche Windows et tapez winver. Si la fenêtre indique Windows 10, le poste est concerné.
  2. L'édition : Famille ou Professionnel (Paramètres > Système > Informations système). Une édition Famille ne se gère pas correctement en entreprise.
  3. La compatibilité Windows 11 : l'application « Contrôle d'intégrité du PC » de Microsoft répond en une minute. Les machines antérieures à 2018 échouent souvent (processeur trop ancien ou puce TPM 2.0 absente).

Étape 2 : choisir entre trois options

  • Passer à Windows 11 sur les postes compatibles : la mise à niveau est gratuite et c'est la solution durable. Prévoyez une sauvegarde et un test des logiciels métier avant de lancer la mise à jour.
  • Remplacer les postes incompatibles. Un PC qui ne passe pas à Windows 11 en 2026 a généralement plus de sept ans : le garder coûte souvent plus cher en temps perdu qu'un remplacement.
  • Acheter l'ESU entreprise pour un poste qui ne peut pas être remplacé tout de suite (machine qui pilote un équipement, logiciel métier non certifié). Comptez 61 $ par poste la première année (45 $ si le poste est géré par Intune ou Windows Autopatch), puis un prix qui double chaque année, au plus tard jusqu'en octobre 2028. Les années sont cumulatives : rejoindre le programme en deuxième année oblige à payer aussi la première. C'est une béquille, pas une solution.

Profiter de la bascule pour reprendre la main sur les postes

Réinstaller ou remplacer des postes est le bon moment pour sortir du « chacun configure son PC ». Avec Microsoft 365 Business Premium, les postes sont inscrits dans Intune : ils reçoivent automatiquement les mêmes réglages de sécurité, les mises à jour suivent un cycle défini à l'avance, et l'administrateur voit d'un coup d'œil quel poste n'est pas à jour. L'abonnement inclut aussi le passage des postes Windows Professionnel à l'édition Business.

Lors d'une mission récente, une organisation est passée d'un serveur Active Directory sur site à Microsoft 365 Business Premium en trois semaines : postes installés à distance et pilotés par Intune, fichiers du NAS migrés vers SharePoint, droits d'accès calqués sur l'organisation. Les demandes d'assistance ont quasiment disparu, et la documentation remise en fin de projet permet à l'équipe d'être autonome.

La check-list avant le 13 octobre

  • Lister tous les postes encore sous Windows 10, y compris les portables peu utilisés et les PC de l'accueil.
  • Repérer ceux qui sont compatibles Windows 11 et planifier leur mise à jour.
  • Chiffrer le remplacement des postes incompatibles.
  • Réserver l'ESU entreprise aux seules machines qui ne peuvent pas évoluer, avec une date de sortie écrite.
  • Vérifier que les sauvegardes fonctionnent avant toute manipulation.

Octobre est aussi le mois européen de la cybersécurité : c'est le bon moment pour faire ce point. Si vous voulez un inventaire de votre parc et un plan de migration chiffré, parlons-en.